ART CONTEMPORAIN
ANDRÉ MARTHELEUR
André est belge et il arrive à New-York dans les années 60. Il est coiffeur et se fait très vite remarquer par son originalité. Il bouscule les codes et connait un immense succès dans le milieu de la mode avec son salon situé entre la 5ème avenue et Madison. Il devient célèbre et tout lui réussit. Début des années 80, il abandonne gloire et richesse pour se consacrer à la photo qui deviendra une pratique spirituelle quotidienne pendant trente ans jusqu’à son décès en 2010. Il entretiendra de nombreuses amitiés avec un vrai regard sur les autres et une vision de la vie.
Friends collection est un livre de mail art. André envoyait à ses amis, des photos par la poste, comme des cartes postales. Sept stéphanois se sont réunis pour composer Friends Collection, une sélection des photos qu’ils ont reçues au fil des années. Chacun y évoque la relation toute personnelle et singulière qu’il entretenait avec le photographe. Friends Collection est le portrait d’André Martheleur, un photographe étonnant et généreux.
« Et je voulais faire ma photographie. Je voulais vraiment. Je n’ai pas arrêté le salon pour faire de la photographie, ça serait trop grand de dire ça. C’étaient les circonstances. Ma vision de la rue, des femmes, ça a été radical. »
COUPÉ DÉCALÉ

« coupé-décalé traite d’une aventure sensible, à mi-chemin entre œuvre et mystérieux carnet de voyage. mes photographies retranscrivent une demie-année au sein de la mégalopole de l’afrique de l’ouest, Abidjan. elles vont à l’encontre des représentations exotisantes d’autrui. imprégnées d’un regard à la fois candide et conscient, elles mettent en image ceux que j’ai rencontrés et laissent les protagonistes photographié·es libres de leur propre narration.
coupé-décalé conjugue beauté et vérité. » Texte de Zana Riazi
C’est en 2020, à l’espace d’art et de recherche Les Limbes que nous rencontrons l’artiste Zana Riazi. Il est stéphanois et termine ses études d’art à Marseille. Lors d’un échange avec l’école il a passé six mois en Côte d’Ivoire où il s’intègre à la jeunesse ivoirienne. Il en rapporte un reportage photographique touchant. Zana offre une vision très sensible et moderne de la jeunesse ivoirienne et de son environnement.
En 2022 le fonds HB a financé l’impression du livre Coupé Décalé tiré à 500 exemplaires.
En 2023, Coupé Décalé est remarqué au Festival photographique d’Arles, dans la catégorie livre d’auteur, ce qui offre à Zana de nouvelles opportunités.
«la première action peut s’interpréter de différentes manières. l’idée de départ était de ‹récupérer ce qui avait été volé›. de manière pas toujours honnête. l’idée d’une revanche vis-à-vis des peuples colonisateurs était lancée. couper c’est finalement marcher, marcher pour graya (manger), marcher parce qu’on est fan (amoureux), marcher ‹à cause de demain›, dans l’espoir d’un avenir meilleur. décaler, c’est partir. sans couper, il est difficile de décaler… en perte de repère n’importe qui voudrait décaler. décaler au point de voir s’éteindre la beauté. la beauté d’un environnement vanté mais pas regardé. regardé mais pas chéri. chéri, mais finalement abandonné, au profit de rêves plus grands.»
LA CHAPELLE

Nous avons pensé que dans le cadre de notre mécénat, il serait intéressant de pouvoir disposer d’un lieu dédié aux artistes et aux aspirations que soutient le fonds HB. Après recherche d’un espace et de son financement, HB disposera d’un site aujourd’hui en rénovation. Le lieu est appelé La Chapelle car il s’agit d’une ancienne église. Les travaux seront achevés fin 2025.
Guillaume BOULLEY est peintre. Originaire de Dijon, il vit et travaille à St-Étienne. Nous l’avons rencontré à l’espace d’art et de recherche Les Limbes (aujourd’hui fermé) et sa démarche picturale radicale nous a intéressés. Nous aimons ses séries monochromes à l’encre bleue Bic ainsi que son usage des peintures industrielles.
Guillaume devait quitter l’atelier qu’il occupait sans savoir où aller. Nous lui avons bien sûr proposé la Chapelle malgré l’inconfort du lieu et les travaux à venir. Le système débrouille fait aussi partie de l’esprit HB.
CARBONE 20

Carbone est une biennale qui invite des artist-run spaces et des collectifs à penser une forme un évènement, une expo, une performance, … Les propositions d’une vingtaine de collectifs, se déploient dans des galeries ou des lieux vacants de la ville – magasins, vitrines, …
Le projet est porté par Akim Pasquet co-fondateur du lieu d’art et de recherche Les Limbes à St-Étienne.
Curieux de cette démarche peu conventionnelle HB lève des fonds et soutient l’édition Carbone 2020. HB découvre cette nouvelle génération d’artistes et leurs pratiques. Des rencontres vont créer des liens et générer d’autres projets.
« Carbone est une biennale portée par Akim Pasquet – co-créateur du lieu d’art et de recherche Les Limbes (Saint-Étienne) – et construite avec une équipe de bénévoles. Elle invite les artist-run spaces et collectifs en France et à l’international à penser une forme – exposition, évènement, performance, etc. Elle explore les réseaux visibles et invisibles, les initiatives multiples et situées, en fonction des découvertes, des curiosités et affinités. Les propositions viennent habiter des artist-run spaces, des galeries ou des lieux vacants – vitrines ou magasins – de Saint-Étienne.
Carbone est née de circonstances propices et imprévues, d’une équipe qui a su saisir une occasion afin de mettre en partage différentes tentatives tout en réfléchissant au contexte stéphanois, lequel permet de faire place à des propositions dans le tissu de la ville. Carbone, c’est une biennale qui n’aurait pas pu exister ailleurs. Le moteur, l’intention à l’origine de Carbone, est de relier. Le constat, pour cela, de la nécessité de s’allier – dans l’art et en dehors de ses mondes. La volonté de soutenir les initiatives stéphanoises, et de faire avec certaines caractéristiques de ce territoire ; situation post-industrielle, terreau de critique sociale et scènes undergrounds.
Une interrogation initiale : qu’est-ce que le commun ? Comment faire commun et articuler les positions pour créer des réseaux vertueux, d’entraide ? Articuler afin de générer de nouvelles relations. Vers toujours plus d’amour – amour de faire, d’être ensemble. Bien que l’on reste situé·es dans un monde néo-libéral qui absorbe tout. Alors l’idée comme ultime résistance, c’est créer, activer, entretenir les liens.
Carbone souhaite continuer d’essaimer, de donner de l’énergie, de mettre en dialogue des positions différentes, parfois opposées, parfois complémentaires. En tous cas, différentes manières de circuler dans le contemporain par l’invention de formes de collaborations artistiques – esthétiques, critiques, utopiques. »
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